Paulette ou la solitude de la retraite…

Un rendez-vous chez le psy, c’est un peu mystérieux, ça fait un peu peur, quand on en n’a jamais fait. De plus, chacun a sa méthode et sa façon d’être, et la manière de travailler peut beaucoup varier d’un psychologue à l’autre, selon sa personnalité, sa formation, ses expériences de vie. Et bien sûr, on s’adapte également à la personne avec qui on travaille;
Pour vous permettre de mieux comprendre comment fonctionne une thérapie,  et mieux connaitre ce qui s’y passe, de vous familiariser avec ma façon d’être aussi, je vais vous raconter des anecdotes issues de la réalité, mais évidemment transformées pour respecter la confidentialité.

Voici la première:

Paulette, 65 ans, vient d’arriver à la retraite.

Elle a toujours été dans un métier de contacts, et se retrouve seule chez elle du jour en lendemain, à tourner en rond chez elle, face au vide.

Atteinte de dépression, elle est envoyée par son médecin.

Trois séances seulement nous suffiront pour faire le point sur son problème et ses solutions.

Au cours de l’entretien, je ressens quelque chose qu’elle n’exprime pas, ou seulement au travers de mots qui reviennent régulièrement dans son discours et qui me semblent faire sens. Je lui demande si elle a perdu quelqu’un et là, top ! j’ai visiblement fait mouche. Elle a « perdu » sa meilleure amie, ce qui apparemment est plus dur que la mort de son mari. Cette amie était comme une soeur pour elle, elles avaient toujours tout fait ensemble, tous les grands événements de la vie. Mais face à la mort du conjoint de cette amie, Paulette, tétanisée,  n’avait pas su quoi dire ni faire.

Cette amie n’est pas morte, mais elle l’a « perdue de vue » à cause d’un deuil. Peu à peu, au fil des ans, elle s’est éloignée également de son entourage amical par culpabilité envers cette amie, dont elle n’a pas su soutenir le deuil, contrairement à d’autres amis de leur groupe. Persuadée d’avoir été au-dessous de tout, la honte l’a amenée à ne plus contacter les autres et à refuser les invitations.

Lors de la  séance suivante, nous avons identifié les fausses croyances sur les sentiments qu’elle attribuait à cette amie à son égard, ainsi que celles qu’elle prêtait à ses autres amis. Très vite, elle s’est rendue compte qu’elle s’était peut-être « montée la tête » à ce propos, puisque son amie, lui envoyait régulièrement des mots sympathiques sans paraitre lui en vouloir. De même, il a vite été clair que c’était elle seule qui s’isolait et refusait les contacts, alors qu’elle se plaignait que le téléphone ne sonnait pas. Nous avons convenu d’actions à effectuer pour la semaine suivante.

A la séance d’après, Paulette était métamorphosée ! Elle paraissait en pleine forme et toute joyeuse. Elle avait reçu un mot de son amie auquel, cette fois, elle avait répondu, ce qui avait débouché sur une invitation! Et du coup, elle avait relancé tout son carnet d’adresse, qui l’avait reçue très favorablement! Elle n’était pas encore prête à s’écrire une lettre de pardon, mais envisageait en tous cas de s’expliquer avec son amie et d’obtenir le sien.

La thérapie/coaching s’est arrêtée là pour le moment. Elle reviendra vers moi si le besoin s’en fait à nouveau sentir. Mais je ne doutes pas qu’elle puisse désormais vivre une retraite très heureuse pleine d’invitations et d’amitiés retrouvées!

Une réflexion sur “Paulette ou la solitude de la retraite…

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