Comment ça marche, une psychothérapie?

Beaucoup de gens viennent consulter une psychologue en ne sachant pas trop à quoi s’attendre. Le cinéma, la télévision et la littérature ont popularisé l’image du psychanalyste ou du psychiatre ( généralement plus fou que ses patients), mais finalement on en sait assez peu sur le travail du psychologue et encore moins sur la psychothérapie.

D’abord, clarifions la différence entre ces différentes professions. La confusion entre elles entretient les fausses croyances et les craintes injustifiées. Et nombre de personnes n’osent pas venir à cause d’elles.

Le psychiatre s’occupe des maladies mentales et autres désordres psychophysiologiques. C’est un médecin qui s’est spécialisé dans les dysfonctionnements du cerveau. Il est habilité à distribuer des médicaments. Ces dysfonctionnements peuvent aller de la dépression grave à la schizophrénie, en passant par l’hyperactivité ou la bipolarité, mais aussi les toxicomanies par exemple. Il intervient quand le problème peut-être corrigé par un médicament, ou exerce en hôpital psychiatrique pour aider les patients internés à mieux gérer leur maladie.

Le psychanalyste est l’héritier de Freud et de différents courants psychanalytiques. Il n’a pas eu à faire d’études spécifiques. Simplement à effectuer une psychanalyse lui-même. Ce type de thérapie est orientée à partir de la parole sur l’analyse – ou même l’auto-analyse- des fantasmes et désirs inconscients du patient, qui, traditionnellement, s’allonge sur un divan pour associer librement les idées et images qui lui viennent à l’esprit, tandis que le psychanalyste, placé à côté ou derrière lui, écoute silencieusement et prend note, relance de temps en temps le discours du patient.

Le psychologue a effectué de longues études, cinq ans minimum, ainsi que des stages pratiques en institution, pour obtenir son diplôme et avoir le droit d’exercer. Et il a également effectué un travail personnel pour bien se connaître et résoudre ses propres problèmes.

Son travail va du passage de tests, psychotechniques ou de personnalité, à la thérapie, selon sa spécialité, sa préférence et son cursus. Les psychologues ont différentes spécialités qui les orientent vers des secteurs professionnels complètement différents. Le psychologue du travail par exemple, exerce en entreprise et participe au recrutement et au développement des compétences des salariés. Il ne fait pas de thérapie. Le psychologue scolaire, lui, travaille en milieu scolaire pour aider à l’orientation des élèves. Il peut également les recevoir quand un problème de comportement a lieu pour comprendre ce qui se passe et en parler avec les parents.

Le psychologue clinicien s’occupe de ce qui ne va pas. Des problèmes des gens. Il ne s’occupe pas des fous, ça c’est le domaine du psychiatre. Son territoire de travail rejoint parfois celui du psychiatre, en hôpital, clinique ou cabinet, mais il est complémentaire. Il ne peut pas délivrer de médicament. Lui, il effectue des psychothérapies. Quand  un de ses patients relève de la maladie mentale, il l’oriente vers le psychiatre afin qu’il soit pris en charge sur le plan médicamenteux. Il ne faut donc pas être « malade » ou « fou » pour aller voir un/e psy ! Et si vous allez en voir un/e, ça ne veut pas dire que vous êtes efficient mentalement! Au contraire! Cela veut dire que vous avez la maturité de regarder vos problèmes en face, et assez d’humilité pour accepter qu’on ne peut pas toujours tout régler tout seul, qu’il faut parfois faire appel à un/une professionnel/le.

Le psychologue s’occupe  d’aider les gens qui rencontrent des problèmes d’ordre personnel : deuil, dépression passagère, rupture, séparation, divorce, perte d’un enfant, d’un parent, d’un travail, harcèlement, burn-out, problème de couple, de famille, de relations . Bref, quand vous vivez une période difficile ou avez du mal à passer un cap, et que vous rencontrez une souffrance importante ou de la difficulté à résoudre la situation.

Comment s’y prend-on?

Principalement par la parole, à l’instar du psychanalyste ou du psychiatre, mais le dialogue est la base. Il y a un échange entre le patient et le psychologue à qui il expose ses problèmes. Le psychologue, à l’aide de ses questions et de ses interprétations, aide la personne à mieux comprendre ce qui lui arrive et à prendre du recul avec le temps. Cela ne se fait pas en une seule séance, quoique parfois, un éclaircissement sur une situation difficile passagère puisse suffire.

L’importance de l’enfance.

C’est en faisant des liens entre les éléments actuels et ceux arrivés au cours de son enfance que nous pouvons dénouer des noeuds. En effet, c’est dans l’enfance que l’on apprend les comportements, croyances et sentiments qui nous animent à l’âge adulte. Quand une situation fait mal ou nous met en difficulté, elle fait ressurgir des émotions douloureuses vécues antérieurement, qui la rendent encore plus difficile à gérer. D’autant qu’elle va nous faire réagir comme nous l’avions fait en tant qu’enfant à l’époque, c’est-à-dire avec toute notre vulnérabilité, naïveté et violence, sans les armes de l’âge adulte. Et c’est en cela que nous n’arrivons pas, parfois, à gérer un conflit ou dépasser un moment difficile, parce qu’inconsciemment nous restons bloqués à la situation infantile à laquelle elle nous ramène. En prenant conscience de ses noeuds, nous pouvons dépasser le stade de la réaction infantile, et reconstruire une relation saine et adulte avec les évènements et les personnes.

L’importance de l’émotion.

Le travail de l’analyse est donc parfois douloureux, car il nous fait revivre des éléments de notre passé qu’on aurait voulu oublier. Mais qu’en cherchant à oublier on a rendu paradoxalement plus nocif. En se les remémorant, en les revivant même, on peut comprendre ce qui nous est arrivé à l’époque, ce que cela nous a fait, et des conséquences que cela a eu sur notre développement, nos choix et sur nos comportements actuels. Et nous comprenons pourquoi nous vivons et réagissons à la situation présente de cette façon. Nous pouvons alors nous en libérer et adopter les comportements appropriés. Nous ne sommes plus enchaînés à notre passé. L’analyse n’est donc pas un travail mental , mais un travail émotionnel. C’est en revivant et en dépassant des émotions que nous avançons.

L’importance de la confiance.

Bien sûr, chacun se dit qu’il est capable de résoudre ses problèmes seul. Mais quand une situation est bloquée, que l’on ne sait plus comment faire pour s’en sortir, ou que la souffrance est trop grande, le regard neutre et le recul d’un professionnel formé nous aident à sortir de notre embrouillamini interne. Il est toujours plus facile de voir et de comprendre ce qui se passe chez quelqu’un d’autre que chez soi! C’est le principe du miroir dont le psy joue le rôle. Mais pas seulement. La neutralité et le principe de confidentialité vous permettent de vous confier en toute sécurité, et sans jugement, ce que vous ne pourriez pas forcément faire avec un proche ou un ami, qui a son propre point de vue sur vous et sur ce que vous devriez faire, ce qui n’est pas forcément dans votre intérêt! Alors que le psychologue, qui connaît l’âme humaine peut vous aider en toute neutralité à retrouver votre chemin.

Neutralité, Bienveillance et Liberté.

Neutralité ne veut pas dire froideur ni indifférence! Au contraire, la psychologue veut votre bonheur et votre bien-être, et a envie que vous vous en sortiez. Mais comme elle n’est pas une de vos proches, elle n’a aucun intérêt personnel à ce que vous fassiez ceci ou cela! Ce qu’elle vous conseillera sera dans ce qui lui paraît être le vôtre. Et vous serez libre de suivre son avis ou non! Le but est de vous aider à vous libérer de vos chaînes, en aucun cas de vous en créer d’autres! Car bien sûr, la psychologue est souvent amenée à donner des conseils, à la demande de ses patients. Le but est avant tout de vous aider à trouver vos propres solutions, mais quelques suggestions peuvent parfois aider à dénouer la situation.

La relation.

Finalement, tout se passe dans la relation avec votre psy, et c’est pourquoi le feeling est très important. Si vous ne vous sentez pas en confiance, si vous vous sentez mal à l’aise avec un psy, allez en voir un autre. Le travail ne pourra pas se faire si vous n’avez pas entière confiance dans la personne qui vous accompagne. La chaleur humaine, la bienveillance et la compassion peuvent donc tout à fait être présentes dans la relation thérapeutique!

Voilà, j’espère que vous y voyez un peu plus clair sur ce qui va se passer quand vous viendrez me voir… A bientôt!

 

 

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